
Quand la légende jette l’ancre à Montréal : Mon passage à bord de l’Amerigo Vespucci
Il y a des journées de prise de vue que l’on n’oublie pas de sitôt. Ce vendredi 31 juillet, j’avais rendez-vous au Grand Quai du Port de Montréal avec un véritable monument des mers. Pas n’importe lequel : l’Amerigo Vespucci, souvent qualifié avec raison de « plus beau navire du monde ».
Une silhouette intemporelle au cœur du Saint-Laurent
En arrivant sur les berges du fleuve, le contraste visuel était tout simplement saisissant. Au milieu des structures industrielles et de la silhouette moderne de la ville, se dressait ce majestueux trois-mâts de 101 mètres de longueur. Arborant fièrement le pavillon de la Marina Militare, sa coque noire en acier riveté, soulignée de deux larges bandes blanches rappelant les frégates du XIXe siècle, imposait immédiatement le respect. On comprend instantanément pourquoi ce voilier-école suscite une telle fascination partout où il jette l’ancre depuis son lancement en 1931 à Castellammare di Stabia.

Une immersion au cœur de la tradition maritime
J’ai eu l’immense privilège de pouvoir monter à bord pour immortaliser chaque détail de cette légende vivante. Dès qu’on pose le pied sur le pont principal, le temps semble s’arrêter. Pour un photographe, c’est un terrain de jeu fabuleux. Ce qui frappe l’objectif en premier lieu, c’est la noblesse des matériaux et la minutie de l’entretien. Le bois de teck parfaitement ajusté du pont, les cuivres rutilants qui accrochent les rayons du soleil, et surtout cet entrelacs vertigineux de cordages. On parle ici de près de 34 kilomètres de manœuvres fixes et courantes, entièrement réalisées en fibres naturelles !
À bord, la tradition n’est pas un vain mot : tout est manœuvré à la main. Pas de treuils électriques ou d’automatismes modernes pour déployer les 2 800 mètres carrés de voilure en toile de jute.

La magie photogénique d’un double arc-en-ciel
La journée semblait déjà parfaite, mais le ciel montréalais nous réservait une surprise mémorable. Après une courte averse passagère, une lumière dorée est venue frapper les structures du navire, puis un superbe double arc-en-ciel s’est déployé juste au-dessus des trois mâts, dont le grand mât qui culmine à 54 mètres de hauteur. Ce fut un moment de pure magie photographique, où la géométrie complexe des gréements s’est harmonisée à la perfection avec la poésie de la nature.
L’esprit de persévérance
En arpentant la dunette (partie surélevée du pont), mon regard s’est posé sur la devise officielle du navire, gravée en lettres dorées : « Non chi comincia ma quel che persevera » (« Ce n’est pas celui qui commence qui compte, mais celui qui persévère »). Une philosophie qui résonne particulièrement lorsqu’on contemple la longévité de ce navire qui continue de parcourir le globe comme ambassadeur de la culture et du savoir-faire italien.
Capturer l’essence de ce géant entre histoire, rigueur et lumière aura été un moment fort de mon été. Je vous laisse découvrir ma série de photos ci-dessous. Dites-moi en commentaire quel cliché vous inspire le plus !
L’Amerigo Vespucci était amarré au Grand Quai de Montréal jusqu’au 3 août.


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Salut Alexandre
Magnifiques images!!
Merci!!
J’irai visiter l’Amerigo Vespucci près de là où est né celui qui lui a donné son nom; il sera à Venise du 6 au 8 octobre à l’Arsenal pour la biennale et… moi aussi! J’aurais eu de la difficulté à le visiter ici où a Québec… plâtré oblige…
*Amerigo Vespucci est né à Firenze, et le vaisseau qui porte son nom près de Napoli je crois.
Merci, Alexandre, de nous avoir fait visiter ce magnifique voilier-école de la marine italienne avec tes excellentes photos. C’est un privilège pour les matelots qui passe par ce voilier-école.