
Première neige à Rosemont — Entre argentique imprévisible et numérique maîtrisé
Il y a des nuits où Montréal semble retenir son souffle. Cette semaine, alors que la première neige de l’hiver 2025-2026 tombait doucement sur Rosemont, j’ai décidé de sortir marcher, seul dans le calme du quartier, à l’heure où tout le monde dort. Les rues couvertes d’un léger voile blanc donnaient l’impression que la ville entière s’était figée.

Partie 1 — Galerie argentique : Ilford Delta 3200 (expiré depuis 2015)
Pour cette sortie, j’ai choisi quelque chose d’un peu fou : un rouleau d’Ilford Delta 3200 ISO… expiré depuis 2015. Et comme si ce n’était pas assez, la pellicule avait été touchée par un mystérieux écoulement « je-ne-sais-quoi » dans mon frigo. Un vrai cocktail d’incertitude. Lorsque j’ai vu les négatifs, j’ai tout de suite su que ce film allait raconter une histoire différente. Le grain est imprévisible, les textures semblent sortir d’un autre monde, les tons sont parfois inhabituels, parfois presque accidentels — mais toujours uniques. C’est exactement ce que j’adore dans l’expérimentation argentique : laisser le hasard participer à la création, accepter les imperfections et découvrir des images qu’aucune caméra moderne ne pourrait produire.
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Partie 2 — Galerie numérique : une autre lecture de la nuit
Les photos numériques de cette même sortie viennent offrir une perspective totalement différente. Plus nettes, plus propres, plus fidèles à la scène devant moi, elles montrent Montréal telle qu’elle était réellement cette nuit-là : calme, silencieuse, éclairée par les lampadaires et la fine neige fraîche. Le contraste entre les deux médiums révèle toute la richesse de cette marche nocturne. Là où le numérique documente la réalité avec précision, l’argentique — surtout un film expiré et imprévisible — traduit plutôt une ambiance, une fragilité, une émotion brute.
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Conclusion
Au final, cette marche nocturne dans Rosemont m’a rappelé pourquoi j’aime autant mélanger les médiums : le numérique pour raconter ce qui est là, l’argentique pour révéler ce qu’on ressent. Et la première neige, comme toujours, était l’excuse parfaite pour sortir capturer tout ça.
